Histoires d’objets 16-04-27

Histoires d’un transat en rotin qui prenait le soleil sur la Costa Brava, d’une robe Marcelle Griffon qui dormait dans sa house en plastique et d’une sacoche en cuir récupérée à Pernes les Fontaines.

Avec l’arrivée des beaux jours, comment ne pas commencer à penser à son extérieur afin de profiter de la chaleur du soleil. Le mobilier en rotin est idéal. Léger et facile d’entretien, il se conserve assez bien malgré les années si on ne le laisse pas dehors tout l’hiver ! Ce transat a été protégé, c’est évident, il est en très bon état, seul une attache sur le côté gauche manquait à l’appel. Nous l’avons réparé avec un lien en cuir de même couleur. C’est dans un abri de jardin à Benidorm sur la Costa Brava que j’ai fait cette jolie trouvaille. Qui dit beau temps dit jolie petite robe  d’été comme cette robe tailleur rayée de la marque Marcelle Griffon, très peu été portée par Madeleine, quinquagénaire chic, qui a vidé sa garde-robe pour allez s’installer à la Réunion. Pour une sacoche en cuir il n’y a pas de saison. celle-ci était dans une malle pleine de foulards, écharpes et autres accessoires chinés sur les puces de Pantruche à Toulon.

 

La robe Marcelle Griffon

Le transat en rotin

La sacoche en cuir naturel

 

Erwin Blumenfeld, dadaïste de la mode

Pionnier de la photographie moderne, Erwin Blumenfeld su imposer son inventivité et son talent marginal aux plus grands magazines de mode, notamment grâce à l’influence de Cecil Beaton qui repéra très vite son œil iconoclaste et grinçant hérité du mouvement dadaïste.erwin-blumenfeld-6

Juif allemand, né en 1897 à Berlin, il traversa avec classe et dérision un siècle hanté de conflits. Dès les années 20, il emprunte les routes de l’exil pour s’installer aux Pays Bas en tant que maroquinier. Au milieu des années 30 alors que sa maroquinerie bat de l’aile qu’il se met sérieusement à la photo et que l’amateur portraitisant ses clientes devient le photographe de génie utilisant toute une palette surréaliste faite de distorsion, de solarisation ou de contre plongée. En 1936, il s’installe en France et fait ses armes au vogue France grâce à Cecil Beaton. Une reconnaissance de courte durée car il est arrêté et interné en camp de travail dès lors que les nazis posent leurs bottes sur le territoire français. Non sans difficulté, il parvient néanmoins à s’exiler aux Etats Unis avec sa famille, ouvre son propre atelier, peaufine ses expérimentations surréalistes et reprend sa collaboration pour la mode. Une collaboration fructueuse qui lui laissera le champ libre pour dépoussiérer la traditionnelle photo glamour, y insuffler sa poésie et son obsession du détail notamment celle ayant trait au corps féminin qu’il admire avec un sens de la distance amusée. Parmi ses photos les plus célèbres pour Vogue demeurent sa cubiste vision d’un visage à plusieurs bouches pour un rouge à lèvres, ou encore le focus sur l’œil de biche.

Affranchi des lieux communs, Erwin Blumenfeld  a su comme peu de photographes donner à la mode un supplément d’âme en l’émancipant des poses de mannequins alanguies. Très vite son talent est reconnu et il tire le portrait des célébrités sans jamais se départir de son humour.  En 1955, il fait ses adieux à Vogue et travaille sur son autobiographie, qui  en conformité avec son image est un patchwork déstructuré et fantaisiste. Un véritable remède contre la morosité que ce dandy combattit toute sa vie. Il s’éteint dans la ville de la Dolce Vita en 1969 laissant dans son sillage un parfum de modernité fragmentée dont beaucoup s’inspirent encore aujourd’hui.erwin-blumenfeld-4
Rétrospective Erwin Blumenfeld (1897-1969)
Photographies, dessins et photomontages
du 15 octobre 2013 au 26 janvier 2014 Musée du Jeu de Paume
Commissariat :
Ute Eskildsen, ex-directrice adjointe et responsable des collections photographiques du Museum Folkwang, Essen.
Scénographie :: Nino Comba
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« La Maison au bord de l’eau » de Charlotte Perriand reconstituée par Vuitton à Miami

Quatre-vingts ans après les premiers croquis, le concept de « la maison au bord de l’eau » devient réalité. Cette construction sur pilotis de 90 mètres carrés, imaginée par Charlotte Perriand, s’installera sur la plage de South Beach à Miami, à l’initiative de l’enseigne Louis Vuitton. Dessinée en 1934 dans le cadre d’un concours pour le magazine « l’Architecture d’Aujourd’hui », cette maison moderniste proposait une alternative à bas-coût en préfabriqué pour les familles modestes, mais ce projet est arrivé deuxième et n’a jamais été concrétisé.
La maison Vuitton a suivi à la lettre les plans de l’architecte décédée en 1999 et a travaillé main dans la main avec la fille de la créatrice, Pernette Perriand-Barsac. Quelques adaptations ont cependant été nécessaires pour transposer les croquis originaux en structure en dur mais démontable. Ce prototype est aussi meublé, comme le précisaient les plans et croquis de l’architecte, avec des pièces conçues par Charlotte Perriand dans les années 30.

Ce projet sonne comme un écho à la collection Icônes printemps-été 2014 de la maison française, une ligne s’appliquant à définir un vestiaire idéal composé pour l’été prochain de pièces fonctionnelles à l’allure Fifties inspirées par Charlotte Perriand.

« La Maison au bord de l’eau » sera visible  du 3 au 8 décembre au  Raleigh Hotel, South Beach, en Floride, à l’occasion de la foire d’art contemporain d’Art Basel.

Le bâtiment en kit, entièrement meublé et évolutif selon les terrains et les envies, sera par la suite mis en vente. Avis aux collectionneurs !

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Yves Saint Laurent, le film

Le film de Jalil Lespert ne sortira que le 8 janvier 2014 mais en attendant de vous replonger dans la haute couture des années 60 voici un avant goût en image de la célèbre collection automne-hiver 1965 inspirée de Mondrian.

voir la bande annonce

Paris, 1957. A tout juste 21 ans, Yves Saint Laurent est appelé à prendre en main les destinées de la prestigieuse maison de haute couture fondée par Christian Dior, récemment décédé. Lors de son premier défilé triomphal, il fait la connaissance de Pierre Bergé, rencontre qui va bouleverser sa vie.

casting :
Pierre Niney : Yves Saint Laurent
Guillaume Gallienne : Pierre Bergé
Charlotte Le Bon : Victoire Doutreleau
Laura Smet : Loulou de la Falaise
Marie de Villepin : Betty Catroux
Xavier Lafitte : Jacques De Bascher
Nikolai Kinski : Karl Lagerfeld

 

 

Martin Margiela : My Favorite!

A l’occasion de la collaboration de la Maison Martin Margiela avec H&M, retour sur un créateur qui me fascine depuis son exposition en 1992 au Musée Boijmans van Beuningenest de Rotterdam. Il y présentait une rétrospective de ses vêtements les plus caractéristiques, après les avoir soumis à un bain de diverses bactéries, et en les exposant à l’extérieur dans les jardins du musée. Leur aspect, de ce fait, était différent chaque jour.

Voilà l’article (conservé précieusement sous blister!) d’Elisabeth Lebovici que je lisais religieusement chaque semaine dans les pages « Culture » de Libération.
« Margiela, du moisi dans le froufrou »

Le couturier Martin Margiela expose un vrai projet artistique à Rotterdam, au Musée Boijmans van Beuningen, jusqu’au 17 août 1997.
Le plus gros de l’exposition Margiela tient en une seule rangée de vêtements, disposée en ligne, derrière la baie d’un pavillon de verre du musée. La salle est vide, donc, et les vêtements, suspendus sur fond de jardin et de verdure, de nuages et de bleu, sont à l’air libre. Et surtout: à contre-jour, entre vitre et ciel. 18 ensembles de vêtements, témoignant des 18 collections de Martin Margiela, couturier flamand qualifié de «majeur» depuis qu’il a taillé, réassemblé, réajusté de vieilles sapes hétéroclites, de l’uniforme aux froufrouteries des puces en passant par le rouleau de Scotch, l’impression photographique d’un tissu sur un autre, l’enveloppe de teinturerie en cellophane ou, bien sûr, le patron en lin servant d’habitude à la fabrication, pièce vedette de la collection 1997.
Depuis la fondation de «la maison» en 1989, Martin Margiela se dit né en 1977-80, moment de son passage à l’académie d’Anvers et il n’a jusqu’ici fait aucune apparition publique. Option évidemment respectée par l’exposition, sobrement accompagnée d’un petit journal marqué de définitions du dictionnaire («cloth’ing»; «white»; etc.) et des lignes de contour permettant de reconnaître chacun des ensembles de vêtements (et sa paire de chaussures idoine) choisi pour identifier l’une des 18 collections passées en revue. En fait, ce ne sont pas des vêtements, mais leurs doubles, laissés en blanc, passés entre-temps dans les mains d’un microbiologiste, qui les a «traités» avec des bactéries ou des champignons. Incubées convenablement, ces bactéries (rouge, rose, jaune, ou mousse verte) ont déposé des marques, des dessins, un poudrage, des salissures, des touches, des taches ­ comme on voudra ­ lesquels, au séchage des pièces à l’air libre (d’où leur exposition au dehors), produisent un bel effet de sensations colorantes, comme aurait dit Cézanne. Qui changera durant tout le temps de l’expo, évidemment. Cette forme de renversement qui accorde une valeur hygiénique, voire bénéfique à la salissure ou la moisissure est, comme on sait, celle dont on fait les bons yoghourts.

Ce qui inspire manifestement Margiela, dans son art de couturier même (il va désormais aussi le mettre au service du très convenable Hermès), c’est moins l’aspect patrimonial du vêtement («la couture, c’était mieux avant»), qu’en quelque sorte, sa valeur d’usure, qu’il aborde sans le moins du monde y mettre de répulsion.

LEBOVICI Elisabeth, article du 4 août 1997, Libération.

Une collaboration unique avec H&M

A cette occasion, la maison Martin Margiela a choisi, non pas de créer une nouvelle collection « capsule » inédite, comme c’était le cas avec les précédentes enseignes (Sonia Rykiel, Marni, Comme des garçons…) mais de rééditer des vêtements et accessoires iconiques de Maison Martin Margiela. Le concept du génial créateur belge était bien présent, malgré son absence depuis 2009 au sein de la maison !  C’est la raison pour laquelle ce jeudi 15 novembre » je n’étais là pour personne »! Le lookbook publié dès le 17 octobre,  ma sélection était faite. Malgré une attente de près d’1h30 ce fut un très agréable moment à papoter chiffons. Une fois à l’intérieur,  il n’y avait plus qu’à se servir…d’autant que nous n’avions montre en main que 15 minutes essayage et paiement compris (jubilatoire!). Tout cela dans un calme olympien et une bienséance exemplaire. A moi blaser, sac, collier…un rêve éveillé!

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 [BÉABA] Martin Margiela

Anonymat

Martin Margiela est l’un des créateur les plus secrets du monde de la mode. Il ne fait plus d’apparition publique depuis 1994, et ne se laisse jamais photographier,  ne donne aucune interview directement. Il répond aux questions posées par fax ou par mail.. Il ne s’exprime jamais en son nom propre mais toujours au nom du collectif que constitue son entreprise. Aucune photo de l’homme mystérieux ne circule à part une qui date (pas très difficile à trouver!). Très vite, il a l’idée de pousser cette « impersonnalisation » à l’extrême… Ses vêtements portent alors des étiquettes blanches ou numérotées sans jamais mentionner la marque, ce qui fera sa gloire!

Blanc

C’est sa couleur fétiche dans toutes ses nuances, dans ses ateliers tout est blanc, les murs, les sols, les meubles et même les blouses du personnel.

De manière cohérente, la griffe a évolué, grandit, si bien qu’aujourd’hui, outre les collections initiales, 0 (artisanale) et 1 (femme); entre les accessoires, les objets, les chaussures, les « garde-robes » y compris masculines, la maison compte 23 lignes.

Défilés

Lors de son premier défilé, il fit marcher ses mannequins dans de la peinture rouge pour laisser des traces tout au long du podium. Ses défilés ont souvent été hors normes : ils pouvaient par exemple se dérouler dans des lieux atypiques, tels qu’un terrain vague de Paris, une station de métro (1992), ou bien étaient éclatés en plusieurs lieux. Plusieurs fois, il n’a pas organisé de défilé, se contentant de projeter un film.

Il refusait aussi le star système du mannequinat, caractéristique des années 1990. Chez lui, les mannequins défilaient quasi anonymes, le visage caché, afin que l’attention se concentre sur les vêtements. Une seule fois, il déroge à cette règle en embauchant, pour les photos de la collection automne-hiver 1999, l’un des mannequins alors les plus demandés : Stella Tennant, enceinte à cette époque.

Evolution

Pendant huit saisons, jusqu’en 2004, Martin Margiela fut également le styliste de la maison Hermès.

La collaboration du créateur avec Hermès entre 1998 et 2003 va marquer un véritable tournant pour la marque qui sera alors reconnue par un plus large public. En 2002, la marque connaît un nouvel essor, avec l’entrée du groupe Diesel dans son capital, en tant qu’actionnaire majoritaire.  En 2000, la marque inaugure une première boutique à Tokyo. Suivront en 2002, Bruxelles et Paris.
En 2004, la première boutique de Londres ouvre ses portes, dans un atelier d’artiste.

Aujourd’hui, Maison Martin Margiela s’articule autour de 32 points de vente mono-marque et plus de 500 boutiques multi-marques sur les cinq continents.

En 2009, Martin Margiela quitte sa maison et le monde de la mode, sans laisser d’adresse!

Formation

Formé à l’Académie royale des beaux-arts d’Anvers, où sont aussi passés, entre autres, en même temps que lui, Walter Van Beirendonck, Ann Demeulemeester et Dries Van Noten.

En 1984, il travaille comme assistant de Jean Paul Gaultier jusqu’au lancement de sa propre marque Maison Martin Margiela en 1988 qu’il fonde avec Jenny Meirens.

Style (mais il préfère parler de Thème)

Comme l’oversize ou le trompe-l’œil. Retravailler et développer la structure et la construction du vêtement ont toujours fait partie intégrante de son processus créatif : c’est l’essence même de son travail. Des vêtements coupés vif, des réutilisations de pièces anciennes, des jeans peints… Il crée depuis le début des pièces uniques totalement artisanales, faites d’objets ou des vêtements récupérés. Chaque saison des replicas sont proposés : vêtements chinés dans le monde entier, explicitement et intégralement reproduits à l’identique, et vendus comme tels.

Dressing d’hiver : quelques idées à piocher dans la collection Céline

« Au-delà des silhouettes de la dernière collection Céline Automne/Hiver 2012-2013, c’est sans conteste l’attitude low profile de Phoebe Philo qui risque de marquer le plus durablement les esprits. Enceinte de son troisième enfant, la styliste la plus en vue du moment a en effet pris le risque de troquer son traditionnel défilé contre une présentation intimiste…(uniquement 22 tenues)

Depuis ses débuts chez Céline, celle qui parvint à convertir le monde de la mode au style minimaliste chic n’hésite pas à faire passer son épanouissement personnel avant les exigences du milieu. Un choix osé, qui ne l’a cependant pas empêché de livrer une fois de plus une collection parfaitement adaptée aux goûts de sa clientèle.

Ce faisant, la discrète Anglaise prouve que normalité et succès ne sont pas aussi antinomiques que ce que la sphère mode voudrait nous faire croire. Réduit à l’essentiel, le vestiaire Céline de saison n’en demeure en effet pas moins en prise directe avec les envies sporty/chic/radicales de la jeune femme d’aujourd’hui… » (Tendance Mode)

Quelques idées à piocher par-ci par-là :

– manteaux oversize

– pulls réalisés à partir de matières hétéroclites (mes préférés!)

– pantalons fluides

– zips un peu partout

escarpins gold aux talons semi-compensés

– foulards vifs aux motifs graphiques

– pochettes en cuir


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« Wonderful » la Collection Jil Sander printemps-été 2013

L’été prochain je voudrais être un homme juste pour porter la fabuleuse collection Jil Sander printemps-été 2013! Bermudas jupe-culotte, pantalons cigarette courts purement sixties, motifs géométriques, couleurs essentielles, barettes dans les cheveux un rien ébouriffés, derby bicolores, col boutonnés, just perfect!  Et cerise sur le gâteau un petit clin d’œil à Mondrian avec une série de cardigans émaillés de lignes droites et de couleurs vives (vert en sus on lui pardonne!).

Après sept ans d’absence, la grande dame de la mode que j’admire vous l’aurez compris, l’allemande  Jil Sander (qui va sur ses 68 printemps) signe son grand come back sur les podiums de la Fashion Week milanaise avec une collection homme fidèle à son esprit de précision, de pureté et de minimalisme. J’adore!

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Tendance Color Block, une mode qui me va !

“Incontournable tendance des collections Printemps-Eté 2011, le color blocking consiste à associer plusieurs blocs de couleur vive et unie dans la même tenue. Ce nom ferait référence à une technique de scrapbooking qui consiste à faire de la mise en page à base de carrés de couleurs.”

Voilà la définition que j’ai trouvé concernant la tendance Color Block!

Alors là, je suis obligée de m’indigner car avant Tétris et le Rubik’s Cube… il y a évidemment Mondrian et le mouvement De Stijl. En effet , en ce qui concerne l’association de couleurs vives, unies et primaires, Piet Mondrian en a expérimenté des compositions… Alors pour celles qui me connaissent et qui sourient, oui, cette été je serai à la mode, de facto.

Petite sélection / cahier de tendance « Color Block » perso rien que pour vous…et il ne date pas uniquement de cet été!

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