Erwin Blumenfeld, dadaïste de la mode

Pionnier de la photographie moderne, Erwin Blumenfeld su imposer son inventivité et son talent marginal aux plus grands magazines de mode, notamment grâce à l’influence de Cecil Beaton qui repéra très vite son œil iconoclaste et grinçant hérité du mouvement dadaïste.erwin-blumenfeld-6

Juif allemand, né en 1897 à Berlin, il traversa avec classe et dérision un siècle hanté de conflits. Dès les années 20, il emprunte les routes de l’exil pour s’installer aux Pays Bas en tant que maroquinier. Au milieu des années 30 alors que sa maroquinerie bat de l’aile qu’il se met sérieusement à la photo et que l’amateur portraitisant ses clientes devient le photographe de génie utilisant toute une palette surréaliste faite de distorsion, de solarisation ou de contre plongée. En 1936, il s’installe en France et fait ses armes au vogue France grâce à Cecil Beaton. Une reconnaissance de courte durée car il est arrêté et interné en camp de travail dès lors que les nazis posent leurs bottes sur le territoire français. Non sans difficulté, il parvient néanmoins à s’exiler aux Etats Unis avec sa famille, ouvre son propre atelier, peaufine ses expérimentations surréalistes et reprend sa collaboration pour la mode. Une collaboration fructueuse qui lui laissera le champ libre pour dépoussiérer la traditionnelle photo glamour, y insuffler sa poésie et son obsession du détail notamment celle ayant trait au corps féminin qu’il admire avec un sens de la distance amusée. Parmi ses photos les plus célèbres pour Vogue demeurent sa cubiste vision d’un visage à plusieurs bouches pour un rouge à lèvres, ou encore le focus sur l’œil de biche.

Affranchi des lieux communs, Erwin Blumenfeld  a su comme peu de photographes donner à la mode un supplément d’âme en l’émancipant des poses de mannequins alanguies. Très vite son talent est reconnu et il tire le portrait des célébrités sans jamais se départir de son humour.  En 1955, il fait ses adieux à Vogue et travaille sur son autobiographie, qui  en conformité avec son image est un patchwork déstructuré et fantaisiste. Un véritable remède contre la morosité que ce dandy combattit toute sa vie. Il s’éteint dans la ville de la Dolce Vita en 1969 laissant dans son sillage un parfum de modernité fragmentée dont beaucoup s’inspirent encore aujourd’hui.erwin-blumenfeld-4
Rétrospective Erwin Blumenfeld (1897-1969)
Photographies, dessins et photomontages
du 15 octobre 2013 au 26 janvier 2014 Musée du Jeu de Paume
Commissariat :
Ute Eskildsen, ex-directrice adjointe et responsable des collections photographiques du Museum Folkwang, Essen.
Scénographie :: Nino Comba
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Romain Chevrier, mis en lumière au WATT

Watt, regroupement de 4 talentueux créateurs de luminaires, anciennement installés dans le quartier des Réformés, a migré depuis déjà quelques mois boulevard de la Corderie dans un lieu époustouflant! Courrez-y affaire d’y dégoter la lampe de vos rêves, sur pied, suspendue, en applique…une pièce unique que vous ne pourrez retrouver chez votre voisin! D’autant qu’en ce mois d’avril, le Watt a invité l’artiste Romain Chevrier a s’immiscer dans l’univers étincelant de ces messieurs.

Il y expose des peintures de grands formats traitées en all-over représentant des  façades d’immeubles marseillais caractéristiques de la seconde moitié du 20ème siècle. Pour le férus d’architecture on y retrouve « la Cité Radieuse » de Le Corbusier que l’on ne présente plus, un immeuble de la « Grand’rue » proche du quartier du Panier et de l’hôtel de ville dans le style de Ferdinand Pouillon, et les tours Labourdette, trois immeubles d’habitation de 18 étages construites en 1962 par Jacques-Henri Labourdette dans le quartier Belsunce/Centre bourse que Romain Chevier fusionne subtilement en seul et même tableau.

A l’ère d’une reproductibilité technique tout azimut , la pratique picturale surannée de Romain Chevrier se justifie tant par son point de vu que par le travail de reconstruction perspectif et architectural qui abouti à de réelles fictions.

WATT – 27 Bd de la Corderie – 13007 Marseille

Exposition Romain Chevrier jusqu’au 28 avril 2012 – du mardi au samedi 10h-18h

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